Vous avez récemment célébré les 60 ans du réseau à la Seine Musicale. Que retenez-vous de cet événement ?
C’était un moment extrêmement fort. Nous étions plus de 3 000 Orpistes réunis. Dans la salle, il y avait toutes les générations : les pionniers qui ont construit l’histoire du réseau et les jeunes qui arrivent avec l’envie d’écrire la suite. L’objectif de cette convention était justement de mettre en lumière les talents internes. Nous avons reçu plus de 200 candidatures et retenu 105 participants, dont 20 collaborateurs du siège, qui sont montés sur scène pour livrer un véritable spectacle, tout en continuant leur activité au quotidien.
C’est exactement ça, l’esprit coopératif : l’engagement, le collectif, la transmission. Nous avions également invité des confrères concurrents, comme Century 21 ou l’Adresse, car nous ne pouvions pas célébrer nos 60 ans sans la famille élargie de l’immobilier. Ce qui ressort de tout cela, c’est un fort sentiment d’appartenance. Chez Orpi, cette fierté ne se décrète pas : elle se vit.
Revenons aux origines, comment est née l’idée d’Orpi il y a 60 ans ?
L’Organisation Régionale des Professionnels de l’Immobilier est née le 11 mars 1966 de l’initiative de 5 agents immobiliers des Hauts-de-Seine qui ont décidé de partager leurs fichiers de biens. Aujourd’hui, cela paraît évident, mais à l’époque, c’était révolutionnaire. Ils ont fait le choix de la coopération plutôt que celui de la concurrence. Cette idée fondatrice est restée notre ADN : avancer ensemble pour mieux servir les clients. 60 ans plus tard, nous sommes devenus le premier réseau immobilier de France avec 1 250 agences, plus de 8 200 collaborateurs et 350 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Quelle a été la clé du succès du réseau Orpi au cours de ces 6 décennies ?
Le modèle coopératif est probablement ce qui explique notre solidité et notre longévité. Depuis 60 ans, nous avons traversé des crises pétrolières, les années 90, les subprimes, la crise sanitaire ou encore les tensions actuelles sur le logement. A chaque fois, le réseau a su s’adapter collectivement.
Notre force, c’est que nous ne dépendons ni d’un fonds de pension ni d’un groupe financier. Les décisions sont prises par les associés eux-mêmes, au plus près du terrain et des réalités du métier. Cette organisation nous permet d’être réactifs, de mutualiser les idées, les moyens et parfois même les efforts financiers quand la conjoncture devient plus difficile. L’esprit coopératif crée aussi une vraie solidarité entre les agences et les collaborateurs.
L’innovation technologique reste également un axe fort chez Orpi. Quelles ont été, selon vous, les grandes innovations qui ont marqué l’évolution du réseau ces dernières années ?
Il y en a plusieurs qui ont profondément marqué le réseau et notre manière de travailler. Nous avons été parmi les premiers à adopter la signature électronique dès 2015, alors que beaucoup n’y croyaient pas encore.
En 2022, nous avons aussi fait le choix de migrer vers Sweepbright, alors que le marché utilisait massivement AC3. Cela a donné une mobilité totale à nos conseillers, qui peuvent désormais travailler partout, depuis un smartphone ou une tablette.
Nous avons également développé les visites immersives en 3D avec Matterport. Et plus récemment, nous avons lancé sur Orpi.com notre moteur de recherche conversationnel, Kleio, basé sur l’IA. Les clients peuvent désormais décrire leur projet de vie avec leurs propres mots, comme ils le feraient avec un ami, plutôt qu’effectuer une recherche classique et figée.
Depuis 60 ans, Orpi a toujours cherché à utiliser la technologie pour simplifier la vie des clients comme celle des collaborateurs, sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’humain.
Vous mettez aussi beaucoup l’accent sur la transmission et l’évolution des collaborateurs au sein d’Orpi. Pourquoi est-ce un sujet stratégique aujourd’hui ?
C’est un enjeu fondamental pour l’avenir et le développement du réseau. Beaucoup de collaborateurs souhaitent entreprendre, mais n’imaginent pas toujours que cela puisse être accessible. Chez Orpi, nous voulons montrer qu’il existe de vrais parcours d’évolution. Dans cette optique, nous avons donc lancé une cellule dédiée à la transmission des agences pour accompagner les collaborateurs qui souhaitent devenir associés.
J’ai moi-même commencé comme conseiller immobilier. Aujourd’hui, je suis président du réseau, mais dans 3 ans je redeviendrai un simple associé. Chez Orpi, tout est possible. Il faut dire que cette logique de transmission existe depuis longtemps au sein du réseau. Dès 2014, nous avons, par exemple, créé une VAE permettant à des collaborateurs sans diplôme d’obtenir un bac +3 et leur carte professionnelle, et ainsi d’ouvrir leur agence. A ce jour, plus de 316 personnes ont déjà été diplômées.
Au cours de votre second mandat, Orpi a également élargi son offre de services. Pourquoi cette évolution ?
Historiquement, Orpi était centré sur la transaction, la location et la gestion. Désormais, nous voulons devenir un véritable guichet unique de l’immobilier. Dans cette optique, nous avons créé des filiales internes, et non de simples partenariats, autour du financement, de l’assurance, ou encore de la gestion locative. Nous allons prochainement proposer de nouvelles expertises, notamment autour de la conciergerie et de la gestion de patrimoine. Notre objectif est double : mieux accompagner les clients, mais aussi permettre à nos collaborateurs d’élargir leurs compétences et leur portefeuille d’activité. Pour ce faire, nous investissons beaucoup dans la formation.
Quels sont les objectifs d’Orpi pour 2026 ?
Nous avons trois priorités majeures. D’abord, poursuivre le développement d’Orpi Financement avec le recrutement de 300 courtiers afin d’intégrer pleinement cette offre dans les agences et former davantage de collaborateurs à l’accompagnement financier.
Ensuite, renforcer notre offre patrimoniale avec le recrutement de 150 conseillers en gestion de patrimoine pour accompagner les propriétaires dans leurs projets de vente et de valorisation de leurs actifs.
Enfin, nous voulons accélérer sur la conciergerie avec l’ambition que, demain, 90 % des clients Orpi utilisent ce type de service.

