Selon les données de Pretto, les taux moyens constatés en août 2026 s’établissent à :
- 3,33 % sur 15 ans
- 3,44 % sur 20 ans
- 3,52 % sur 25 ans
La BCE temporise après sa hausse de juin
Le 23 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de laisser ses taux directeurs inchangés. Cette décision était largement attendue par les marchés, après la hausse de 0,25 point annoncée le 11 juin dernier. La BCE a ainsi choisi de prendre le temps d’observer l’évolution de la situation économique avant d’éventuelles nouvelles décisions.
Le message envoyé par l’institution européenne est celui de la prudence : les prochaines décisions dépendront des données économiques disponibles, notamment de l’évolution de l’inflation et de la croissance dans la zone euro.
Pour les emprunteurs immobiliers, cette pause ne change toutefois pas directement les conditions de crédit. Les taux directeurs de la BCE influencent principalement le coût de financement à court terme des banques. Lorsqu’ils fixent leurs barèmes immobiliers, les établissements bancaires regardent principalement leur coût de refinancement à long terme, dont l’OAT française à 10 ans constitue l’un des principaux indicateurs.
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L’OAT à 10 ans devient le principal point de vigilance
Si la BCE temporise, les marchés financiers restent particulièrement attentifs à l’évolution de l’OAT française à 10 ans.
Pour rappel, cet indicateur, qui correspond au taux auquel l’État français emprunte sur les marchés, reflète en partie les anticipations des investisseurs sur l’inflation, la croissance et la situation budgétaire. Après avoir évolué autour de 3,6 % au début de l’été, l’OAT a franchi le seuil des 4 % en juillet, un niveau qui attire particulièrement l’attention des établissements bancaires.
Pour autant, cette remontée ne s’est pas encore traduite par une hausse généralisée des taux immobiliers. Les banques ajustent leurs barèmes avec un certain décalage et sont actuellement dans une logique d’atteinte de leurs objectifs de production de crédits.
En revanche, si l’OAT devait rester durablement autour de 4 %, une remontée progressive des taux de crédit dans les prochains mois deviendrait un scénario plus crédible .
« Le statu quo de la BCE était largement attendu. Pour les emprunteurs, le véritable indicateur à surveiller est l’évolution de l’OAT à 10 ans. Tant que les banques restent dans une logique de conquête, les taux devraient évoluer de manière limitée. En revanche, si l’OAT se maintient durablement autour de 4 %, elles pourraient progressivement répercuter cette hausse dans leurs nouveaux barèmes« , explique Pierre Chapon, CEO et cofondateur de Pretto.
Des écarts régionaux toujours marqués selon les profils
Malgré un environnement financier plus incertain, les taux immobiliers restent globalement stables en août. Les conditions obtenues par les emprunteurs continuent toutefois de varier sensiblement selon la qualité du dossier, mais aussi selon la région de financement.
Sur 25 ans, les meilleurs taux négociés par Pretto restent inférieurs aux taux ordinaires dans l’ensemble des régions. L’écart peut atteindre jusqu’à 60 points de base dans certains territoires, confirmant l’importance du profil emprunteur dans l’accès aux meilleures conditions de crédit.
L’Île-de-France reste la région où les meilleurs profils obtiennent les conditions les plus avantageuses, avec un taux négocié à 3,10 % sur 25 ans, suivie des Pays de la Loire (3,12 %) et de la Nouvelle-Aquitaine (3,20 %). À l’inverse, les taux les plus élevés pour les meilleurs dossiers sont observés en Corse et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, à 3,60 %, ainsi qu’en Occitanie à 3,55 %.
Ces différences régionales sont toutefois moins importantes que l’écart lié au profil emprunteur. Dans un contexte où les banques continuent de chercher à attirer les dossiers les plus solides, la négociation reste un levier déterminant pour obtenir les meilleures conditions de financement.
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Pierre Chapon, CEO de Pretto, veut se montrer optimiste : “Le marché du crédit immobilier reste aujourd’hui dans une phase d’équilibre. Les banques continuent de se livrer une forte concurrence pour attirer certains profils d’emprunteurs et proposent des offres parfois très ciblées. Pour un particulier, le défi est donc de trouver l’établissement dont les critères correspondent le mieux à son projet. Face à la diversité des stratégies bancaires, être bien accompagné peut permettre d’identifier plus facilement les opportunités disponibles et d’obtenir les meilleures conditions de financement.”
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Quelle perspective pour la rentrée ?
À court terme, le scénario privilégié reste celui d’une relative stabilité des taux immobiliers. La décision de la BCE n’a pas modifié les conditions de crédit, tandis que les banques continuent de se livrer une forte concurrence pour attirer les bons dossiers. Le principal élément à surveiller dans les prochaines semaines sera donc moins la décision de la BCE elle-même que l’évolution de l’OAT française à 10 ans. Si cet indicateur se stabilise, les conditions de crédit pourraient rester favorables à la rentrée. En revanche, une hausse durable de l’OAT pourrait pousser progressivement les banques à ajuster leurs barèmes.
Dans ce contexte, la qualité du dossier emprunteur reste plus que jamais déterminante pour obtenir les meilleures conditions de financement.
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