Pour le fondateur de Green-Acres, le basculement vers l’économie de la plateforme a bel et bien démarré. Analyse.

photo : Benoit Galy

En 2009, identifiant les signaux d’une rupture à venir, je lançais, sans doute trop tôt, geoTaxi, 1èreapplication iPhone de commande de taxis. Depuis, Uber est passé. Aujourd’hui les mêmes signaux apparaissent dans le monde de l’immobilier. Le basculement vers l’économie de la plateforme a commencé.

Qu’est-ce que l’économie de la plate-forme ?

L’économie de la plate-forme n’est rien d’autre que la place de marché du Moyen Age révolutionnée par l’Internet. Car si les nouvelles technologies changent le média, les questions restent les mêmes :

  • Comment amorcer ou comment faire venir des consommateurs d’un service d’un côté et parallèlement des fournisseurs ?
  • Comment assurer à l’acheteur que le service qui lui sera fourni est de la qualité attendue ?

Construire une plateforme qui réponde à ces deux problématiques, c’est l’enjeu des entrepreneurs qui se lancent dans l’aventure. Car qu’ils opèrent dans les domaines des transports, du logement ou de la finance, il s’agit du même défi technologique et marketing.

Dans ce contexte, qu’apportent les nouvelles technologies ? Elles révolutionnent d’abord l’accès et impactent l’expérience utilisateur. Nous l’avons tous vécu. Surtout, elles abolissent les distances et, souvent, la concurrence. Avec l’économie de la plate-forme, « the winner takes it all », le gagnant rafle tous les bénéfices. La barrière géographique tombant avec Internet, l’avantage est à l’exhaustivité de l’offre. Le leader dispose d’un avantage compétitif incontestable. Dans ces conditions, créer un concurrent à Amazon, Facebook ou Google, devient très compliqué.

Le basculement a commencé dans l’immobilier

Exception faite de la construction immobilière, tous les acteurs de l’immobilier sont des intermédiaires. Notre métier est avant tout un métier d’information : une recherche sur un site Internet ? De l’information. Une visite de bien ? Encore une prise d’information. Une évaluation, un diagnostic immobilier ? Idem.

Or cet écosystème bascule progressivement vers Internet au travers de trois types d’acteurs :

– les portails immobiliers sont la partie émergée de l’iceberg. LeBonCoin, leader généraliste de l’annonce, Seloger, leader spécialisé sur l’immobilier, occupent l’essentiel du terrain et concentrent l’essentiel de la marge. Reste les stratégies de niche comme la résidence secondaire pour Green-acres ou celle de la confrontation avec les leaders, comme celle de la FNAIM et son portail BienIci.

– L’ascension et la digitalisation fulgurantes des réseaux d’agents mandataires comme I@D ou Optimhome relèvent aussi de l’économie de la plate-forme. Débarrassés des contraintes de l’agence « brick and mortar », ces réseaux organisent désormais le travail de plus de 14 000 agents mandataires(source meilleursreseaux.com). Leur cœur de métier de réseau est d’offrir une structure dématérialisée la plus efficace possible. Leur puissance réside dans la richesse des services offerts.

– Troisième pan de ce triptyque en mouvement : les éditeurs de logiciels pour agence, tous « pure players ». Ceux-ci proposent des logiciels de plus en plus complets, de plus en plus interconnectés, qui permettent aux agents de gagner en productivité.

Conseil et innovation

Et les agents immobiliers dans tout cela ? Le basculement vers une économie de la plate-forme est venu renforcer la concurrence. Les barrières à l’entrée pour exercer le métier ont baissé. Pourtant, leur cœur de métier, l’accompagnement et le conseil de l’acheteur notamment lors des visites, restent difficiles à basculer sur le Net. Mais jusque quand ? Visiter un bien avec des vidéos à 360° devient une expérience bluffante. L’acheteur continue de visiter le bien qu’il souhaite acheter mais réduit de 20 à 5 le nombre de ses visites physiques. Dans ces conditions, inutile de se le cacher. L’anticipation reste le meilleur moyen de survie.

Le marché verra-t-il une confrontation des différents types de nouvelles plate-formes ? Une logique de coopération au service du client final pourrait-elle voir le jour ? La menace viendra-t-elle d’un nouvel entrant ? Personne ne peut prédire aujourd’hui la suite avec certitude. A l’automne dernier lors du séminaire regroupant les principaux portails immobiliers européens à Madrid, derrière les présentations de ceux qui sont aujourd’hui les grands gagnants, le doute perçait : « Facebook is coming » … C’est le propre de nos métiers désormais. Hormis le client, personne n’est à l’abri.

Cet article vous a été :
greeen-acres.com
Réagissez
Réagir
1
réaction
Dans la même rubrique
1 réaction pour cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *