Selon Century 21, l’année 2025 marque un retour vers l’équilibre, mais sans euphorie

Après plusieurs années de turbulences, le marché immobilier de l’ancien a retrouvé en 2025 une forme de stabilité. Sans renouer avec les niveaux records de 2019, l’activité repart nettement, les prix se stabilisent et les transactions gagnent en fluidité. Le point sur le bilan de l’année dévoilé par Charles Marinakis, le président du réseau Century 21, lors d’une conférence de presse organisée ce 5 janvier.

« Après une séquence de chocs successifs, tels que le COVID, la guerre en Ukraine, l’explosion des prix de l’énergie, l’inflation, sans oublier la remontée brutale des taux, le marché immobilier de l’ancien retrouve en 2025 une forme d’équilibre », observe Charles Marinakis. Preuve en est : le nombre de transactions dans l’ancien remonte nettement, passant d’environ 845 000 en 2024 à près de 945 000 en 2025.

Au sein du réseau Century 21, les volumes de vente ont ainsi augmenté de 11,6 % en 2025 : les transactions de maisons progressent de +11,7 % et celles d’appartements de +11,4 %.

Si le niveau d’activité reste inférieur d’environ 13,5 % à celui de 2019, dernière année de référence « normale », l’écart demeure contenu, compte tenu du contexte économique et financier. « Au regard de la hausse des taux et des prix depuis 2019, cet écart aurait pu être bien plus important. Il faut reconnaître que le marché de la transaction a été soutenu par le Prêt à taux zéro qui a joué un vrai rôle de solvabilisation des ménages », précise Charles Marinakis. En 2025, plus de 11 milliards d’euros de PTZ ont ainsi accompagné les acquisitions.

Autre facteur clé à avoir joué un rôle dans cette résistance : la mobilisation de l’épargne accumulée par les Français pour concrétiser leurs projets immobiliers.

Ce rebond confirme ainsi la capacité historique du marché immobilier français à s’autoréguler. « Ne touchez à rien, laissez-nous faire ! », ironise par ailleurs le président du réseau Century 21, à l’heure où le marché immobilier n’est toujours pas accompagné de mesures fiscales, faute de loi de Finances.

Pour le marché immobilier, les règles du jeu ont changé

La reprise de 2025 ne s’accompagne pas d’un emballement des prix. Le réseau Century 21 observe certes une hausse, mais celle-ci reste très modérée à l’échelle nationale : +1,4 % aussi bien pour les maisons que pour les appartements. Le prix moyen s’établit à 2 510 €/m² pour les maisons et 4 192 €/m² pour les appartements.

Les délais de vente restent maîtrisés, bien qu’un peu plus longs qu’avant la crise : 101 jours pour les maisons et 97 jours pour les appartements. Un allongement qui traduit un comportement d’acheteurs plus attentifs, davantage enclins à comparer, négocier et intégrer de nouveaux critères – notamment énergétiques.

La comparaison avec 2019 illustre clairement le changement de paradigme. En six ans, les prix ont augmenté de +19,2 % pour les maisons et de +15,2 % pour les appartements, tandis que les délais de vente se sont allongés d’une dizaine de jours. Autrement dit, même si le nombre de ventes est inférieur à 2019, le marché immobilier en 2025 fonctionne désormais avec de nouveaux repères.

Autre signe de cette évolution du marché : la part de la résidence principale progresse et devient le moteur central. La résidence principale représente 68,3 % des acquisitions (+2,1 %), quand la résidence secondaire recule à 6,7 % (-13 %). L’investissement locatif recule, quant à lui, à 24,9 %, contre plus de 27 % en 2019,

Ce recentrage est encore plus marqué dans les grandes agglomérations. A Paris, la résidence principale pèse plus de deux tiers des achats, tandis que l’investissement locatif chute à 23,9 %, contre 31 % en 2019. Une évolution lourde de conséquences pour un marché locatif déjà en forte tension.

DPE : un critère de valorisation devenu central

L’année 2025 confirme également l’impact décisif du DPE sur les prix. « La performance énergétique devient ainsi un facteur de valorisation à part entière, tandis que les biens énergivores subissent un ajustement lié au coût des travaux et aux contraintes qui pèsent sur leur mise en location », souligne le président de Century 21.

Les logements performants bénéficient de surcotes très significatives, pouvant dépasser +30 % pour les étiquettes A et B. A l’inverse, les biens classés F ou G subissent des décotes importantes, en particulier sur le segment des maisons.

Pour les professionnels de l’immobilier, cette évolution renforce la nécessité d’intégrer pleinement la performance énergétique dans les stratégies de commercialisation, d’estimation et de conseil, tant auprès des vendeurs que des acquéreurs.

Quelles perspectives pour 2026 ?

« La reprise est là, plus rationnelle que spectaculaire, mais suffisamment nette pour redonner de la visibilité aux ménages comme aux territoires », analyse Charles Marinakis.

2025 confirme ainsi un retour à l’équilibre : une activité qui repart sans euphorie, un marché davantage porté par la résidence principale et une performance énergétique qui pèse désormais directement sur la valeur des biens.

« Pour 2026, le scénario le plus probable est celui d’une poursuite au même rythme, avec un niveau de transactions élevé et stable », estime le président de Century 21.  Dans cette optique, deux conditions restent toutefois déterminantes : la stabilité de l’inflation, et donc des taux de crédit, et la maîtrise des prix.

« Si cette discipline se maintient, et à conditions économiques comparables, le marché a vocation à continuer sur ce niveau d’activité en 2026 », conclut Charles Marinakis.

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Stéphanie Marpinard: Après avoir évolué pendant 10 ans au sein d'un groupe spécialisé dans les médias étudiants, l’orientation professionnelle et la gestion de carrière, en tant que rédactrice en chef adjointe, Stéphanie Marpinard a choisi de travailler à son compte et collabore depuis à différents médias. Ses domaines de prédilection sont entre autres l'immobilier, l'emploi et les ressources humaines.