Si cette entame s’impose, c’est que le sujet du logement, grave en France, l’est tout autant dans l’ensemble de l’Europe.
Il va donc falloir réussir à mener de front plusieurs défis : la relative souveraineté technologique et industrielle, la réponse aux besoins des européens, le réarmement dissuasif, et la gestion de la dette. Et c’est là que l’enjeu est sans doute majeur.
S’agissant de l’impact de ces éléments sur notre baromètre des taux, qui affiche pour février la poursuite de d’une légère remontée des taux sur toutes les durées, il est durablement à prendre en considération quant à son aspect psychologique sur la confiance des ménages, aux capacités des banques de satisfaire à la fois les besoins de capitaux et en même temps les contraintes réglementaires qui les encadrent.
Depuis 2 mois, les fourchettes d’écart entre les taux moyens et les taux négociés se sont élargies.
Preuve que les banques veulent garder la main sur le choix des clientèles captées au travers le prêt immobilier. A noter que les prêts relais sont proposés avec des conditions en net repli, mais avec peu de demandes.
Cela donne donc :
- Prêts relais : entre 3,45 et 4,00 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
- Prêts sur 15 ans : entre 3,30 % et 3,90 %
- Prêts sur 20 ans : entre 3,35 % et 4,10 %
- Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,40 % et 4,30 %.
Un marché toujours actif, mais plus encadré
Malgré la légère hausse constatée, les banques semblent maitriser leur refinancement et continuent de tenir le marché de la transaction.
Le taux de l’OAT 10 ans, qui pourrait déraper au-delà des 3,60 % selon les fondamentaux liés à la situation de la dette souveraine française et à la nébuleuse du budget 2026, demeure sagement établi ces dernières semaines entre 3,42 et 3,55 %.
De son côté, le taux d’épargne des ménages restant élevé (conséquence des craintes des ménages), et les apports personnels – en baisse mais en regard à des référentiels hors normes de 2023-2024 – préservent le risque bancaire, tandis que la durée moyenne des nouveaux crédits à presque 21 ans (record historique !) permet pour le moment l’absorption de la reprise des prix des actifs.
La rigidité des critères du HCSF, la durée moyenne atteinte désormais proche des maximales, l’absence de choc d’offre sur le Logement, la crispation liée aux multiples périodes électorales qui se profilent, vont durcir le besoin d’accompagnement et de pédagogie des professionnels de l’Immobilier et du Crédit auprès des porteurs de projets.
Mais à l’instar des propos de Christine Lagarde, cette période n’est-elle pas aussi une opportunité pour tous de revenir sur les fondamentaux du métier de conseiller, où le professionnalisme ne sera plus accessoire mais bien essentiel ?

