Quand bien même on serait optimiste de nature, force est de constater que de toute part les informations qui nous parviennent s’amusent à nous saper le moral. Les conflits militaires se multiplient — ou sont sous feu couvant —, la finance s’affole et redoute les effets de la hausse du prix du pétrole sur l’économie mondiale, et les entreprises s’interrogent sur leur stratégie d’investissement, entre full technologie et réorganisation profonde. Autant dire que les banques réfléchissent à leurs objectifs et aux conditions à proposer aux clients candidats à l’investissement immobilier.
S’agissant de la situation sur ces barèmes bancaires – pour ceux déjà publiés –, ils n’affichent globalement encore qu’une faible répercussion de la hausse du taux de l’OAT 10 ans, pour ne pas décourager les porteurs de projet, car on est entré dans la « haute saison » des transactions immobilières, et donc de la chasse aux potentiels nouveaux clients.
Les fourchettes d’écart entre les taux moyens et les taux négociés sont toujours globalement larges, laissant aux banques la liberté d’ajuster le taux définitif dossier par dossier (des écarts pouvant désormais aller jusqu’à 0,90 % !). Les clients patrimoniaux demeurent une priorité, mais les primo-accédants, sous réserve d’un apport conséquent, continuent de bénéficier de solutions complémentaires à taux réduits, impactant le taux moyen pondéré de l’offre globale de prêt.
Pour notre baromètre, cela donne pour ce début avril :
- Prêts relais : entre 3,35 et 4,10 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
- Prêts sur 15 ans : entre 3,20 % et 3,80 %
- Prêts sur 20 ans : entre 3,35 % et 3,95 %
- Prêts au-delà de 20 ans : entre 3,45 % et 4,10 %.
« Les banques ne veulent pas manquer leur printemps de l’immobilier »
Il est évident que le contexte géopolitique international a pris une place prépondérante sur les marchés financiers et monétaires. L’OAT 10 ans a rebondi de 3,30 à 3,92 % pour se situer (à l’heure de ces mots) vers les 3,73 %, avec quelques mouvements de yoyo mettant à mal les nerfs des directeurs financiers bancaires.
La sphère économique occidentale parie encore sur une accalmie dans les différents conflits majeurs de la planète, mais il est impossible de mesurer l’impact psychologique sur les ménages, et sur le dynamisme du marché immobilier.
Le neuf demeure et demeurera compliqué pour plusieurs mois voire années. Les effets du dispositif Jeanbrun ne se verront que dans plusieurs mois, et la perspective des élections législatives et présidentielles va de toute façon geler des décisions d’ampleur jusque mi-2027. La remontée des taux calme les ardeurs des investissements.
Dans cet environnement, le réconfort vient des banques, qui ne voudront pas laisser passer l’occasion de capter quelques bons clients, avec de l’apport, et sur des biens immobiliers de qualité, ou avec des travaux compris dans l’enveloppe de financement. La solvabilité du secteur bancaire français est bonne, et le taux d’épargne des ménages rassure le système, quand bien même les transferts de l’épargne liquide vers l’assurance vie diminue les marges de manœuvre en termes de capacité de production de nouveaux crédits.
La confirmation du HCSF de ne pas faire bouger ses critères de production reste un accroc au contexte actuel, et le retour de la hausse des prix de l’immobilier engage à la prudence et à une sélection renforcée. Mais les banques ne veulent pas manquer leur « printemps de l’immobilier », et le crédit n’est pas bloqué. Mais avec plus que jamais un recours recommandé à un courtier pour consolider la présentation des projets.
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