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« Financer la rénovation d’un logement à crédit », Bruno Rouleau Président de l’APIC et porte-parole d’IN&FI Crédits

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Les dispositifs d’aide ont fait l’objet de réformes avec la loi Climat. Soyez-en informés pour accompagner les projets de particuliers.

photo : journal de l'agence rénovation crédit

Inscrite dans le programme gouvernemental comme priorité environnementale, la rénovation emporte bien des  enjeux : l’économie énergétique, la contribution à la responsabilité climatique individuelle, mais aussi ne l’oublions  pas, la valorisation du patrimoine immobilier. À cet égard, la rénovation est le moyen d’adapter les logements aux  nouveaux usages et modes de vie des particuliers. Ainsi, les pouvoirs publics ont élaboré des dispositifs d’aide à la  rénovation, parfois complémentaires ou cumulables. Parcourons les solutions existantes.

Pourquoi rénover ?

Notons qu’il y a trois bonnes raisons majeures de procéder à une rénovation, tenant autant aux motivations  personnelles des particuliers qu’à un télescopage de conjoncture.

  • La rénovation permet de se sentir bien chez soi. Après trois confinements, force est de constater que l’on a réappris  à apprécier son bien-être résidentiel. L’occupation permanente des biens nous a conduit à voir des modifications nécessaires. Rénover, c’est ainsi réaménager, améliorer, transformer.
  • La rénovation permet aussi de revisiter les installations : électriques, connectiques, domotiques et énergétiques. Les  matériaux, les technologies, ont énormément évolué et l’aménagement des logements doit être repensé pour  accueillir les nouvelles technologies. Pour les propriétaires, mieux vaut ainsi anticiper l’évolution d’usage du bien  dans le temps et l’entretenir, que ce soit pour soi ou pour mieux le revendre plus tard.
  • Enfin, le dynamisme du marché de la transaction immobilière a porté sur les biens de bonne qualité ou répondant  aux attentes des candidats à l’accession. Rénover, c’est donc aussi se garantir une capacité de vendre dans de bonnes conditions de marché. Il est avéré que les biens proposant des prestations de qualité ou d’une plus grande fraîcheur  seront les mieux protégés dans les futures négociations.

Quand on a plus le choix

Dans le décret 11 janvier 2021, la loi indique que tout logement dont la consommation énergétique est supérieure à  450 KWh/m² et par an est considéré comme un logement « exagérément énergivore ». Une définition implicite de « passoire thermique ». De fait, les critères des DPE ont été révisés au 1er janvier 2021. Ainsi, à partir du 1er janvier  2023, tout nouveau locataire prenant un logement dont les performances seront segmentées F ou G pourra exiger de son bailleur la réalisation immédiate de travaux. Pour ce faire, la loi Climat et résilience a fixé un échéancier,  interdisant la location des logements classés G à compter du 1er janvier 2025, des logements classés F à compter du  1er janvier 2028, puis des logements classés E au 1er janvier 2034.

En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte : les logements classés G seront interdits à la  location à compter du 1er janvier 2028, et les logements F à compter du 1er janvier 2031.

Les dispositifs destinés à la rénovation

1) L’Éco-PTZ

Récemment révisé, l‘ÉcoPTZ est un prêt à la consommation socio-environnemental, sans garantie et sans intérêt,  dont l’objet doit répondre aux objectifs environnementaux et énergétiques des pouvoirs publics. Actuellement, ce  prêt est distribué sans condition de ressources pour les propriétaires occupants, mais aussi pour les bailleurs privés, y compris via des SCI à l’IRPP (sous certaines réserves) ainsi que pour les copropriétés. Son montant a été  porté de 30 à 50 000 € et la durée de remboursement de 15 à 20 ans. L’Éco-PTZ est cumulable avec la plupart des  autres dispositifs nationaux voire régionaux.

2) MaPrimRenov’

MaPrimRenov’ sert de dispositif pivot aux décisions gouvernementales dans le cadre du Plan Climat et Résilience.  Depuis le 15 avril 2022, les subventions et aides ont été majorées pour tenir compte de la hausse des prix de  l’énergie. De plus, la rénovation énergétique a intégré le remplacement d’équipements à combustion fossile par des  équipements modernes moins énergivores. MaPrimRenov’ est accessible aux personnes physiques, bailleurs  ou propriétaires occupants, ainsi qu’aux copropriétés pour les parties communes. Les conditions d’octroi ont été simplifiées, mais les montants accordés demeurent proportionnels aux revenus du demandeur. Le dispositif est  cumulable avec la plupart des autres aides.

3) Le chèque énergie 2022

Dispositif mis en place en 2018 afin d’aider les ménages à acquitter leurs dépenses d’énergie, le chèque énergie est  ouvert aux personnes physiques sous conditions de ressources et sous réserve que le logement occupé soit  imposable (mais pas forcément imposé) à la taxe d’habitation. Son utilisation a été élargie aux travaux et à  l’installation de systèmes de chauffage, dès lors que les matériels sont fournis ou les travaux réalisés par des  professionnels labellisés RGE. La date limite d’utilisation du chèque énergie est portée au 31 mars 2023.

4) Le prêt AvanceRénovation

Dernier né des dispositifs gouvernementaux, le Prêt Avance Rénovation est un crédit bancaire hypothécaire  destiné aux personnes physiques — âgées dans son objectif —, propriétaires de leur résidence principale, sous  conditions de ressources, afin de leur permettre de réaliser les travaux nécessaires à leur maintien dans le  logement, et touchant à l’amélioration de la consommation énergétique de leur bien.

Les travaux financés sont :

  • l’isolation thermique des toitures, des planchers bas, des murs extérieurs ou des parois vitrées et portes donnant  sur l’extérieur ;
  • le remplacement, la régulation ou l’installation de systèmes de chauffage ;
  • l’installation d’équipements de chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire utilisant une source d’énergie  renouvelable.

Le montant du PAR est laissé à l’initiative des banques distributrices, qui doivent signer une convention avec l’État. Le taux d’intérêt est fixe, défi i par décret.

Des professionnels labellisés

En complément de ces dispositifs, le propriétaire occupant ou bailleur peut également recourir au crédit bancaire  classique pour financer ses travaux de rénovation. L’emprunteur devra veiller à l’impact des critères du Haut  Conseil à la Stabilité Financière. Si le bien est en cours de relocation, les travaux et leur importance peuvent  conduire à une impossibilité de relocation immédiate. Il conviendra de prévoir avec la banque un différé du  remboursement du crédit, afin de ne pas supporter la charge de remboursement sans revenus locatifs en  contrepartie.

Dans tous les cas, privilégier l’intervention d’un professionnel labellisé RGE (Reconnu Garant de l’Environnement)  permet de se préserver de toute remise en question du droit d’accès aux dispositifs d’aide. Il  faudra être attentif à détailler les travaux, les matériaux et équipements fournis, sauf à avoir une mauvaise surprise  lors de la fourniture de la facture en justificatif de la déduction fiscale.

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Bruno Rouleau

Bruno ROULEAU Porte parole d'In&Fi Crédits et Président de l'APIC . Diplômé du CNAM dans le domaine bancaire, il a exercé durant 20 ans au sein de 4 groupes bancaires, où il a occupé toutes les fonctions opérationnelles sur les marchés du Particulier, du Professionnel et des PME. Il a ensuite rejoint l’enseigne de courtage en crédits In&Fi Crédits pendant 5 ans, avec la fonction de Directeur Associé, en charge de la Formation, de l’Assistance et des Partenariats, et a créé In&Fi Crédits Pro et l’IFIB (Institut de Formation des Intermédiaires de Banque) aux côtés de Pascal BEUVELET. En 2010, il rejoint le Comité de Direction Générale, puis le Comité Exécutif de CAFPI, en charge des Grands Accords commerciaux du groupe et de l’Organisation Interne. Il a créé MUTANS CONSULTANTS en septembre 2015, cabinet de formation et de conseil qui accompagne les entreprises et les réseaux dans leur virage digital, et notamment pour optimiser leur mutation dans la gestion de la Relation Client.

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