Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a réuni, ce mardi 7 avril, l’ensemble des acteurs du secteur dans le cadre de la mise en place du comité de suivi du plan Relance Logement. Le point sur les premières mesures dévoilées.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et Vincent Jeanbrun avaient annoncé, le 23 janvier dernier, le lancement d’un plan ambitieux afin de relancer massivement la construction et la rénovation. Baptisé plan Relance Logement, ce dernier vise à construire 2 millions de logements d’ici 2030 pour répondre à la crise du logement.
Une équipe de France du Logement mobilisée
En réunissant ce 7 avril à l’hôtel de Roquelaure, « l’équipe de France du Logement » dans le cadre du premier comité de suivi, Vincent Jeanbrun a donc officiellement donné le top départ du dispositif. Olivier Salleron, président de la FFB ; Pascal Boulanger, président de la FPI ; Loïc Cantin, président de la FNAIM ; Emmanuelle Cosse, présidente de l’USH ; Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires ; Charles Henry de Boisberranger, directeur général de l’UNAM ; Christophe Millet, président du CNOA ; Bruno Arcadipane, président d’Action Logement et Clément Lecuivre, président de CDC Habitat avaient ainsi répondu présents. L’objectif de ce premier rendez-vous ? Fixer la méthodologie de suivi du déploiement du Plan.
« 2 millions de logements d’ici 2030, c’est possible, à condition que chacun y mette du sien et que nous travaillions en commun. C’était tout l’objet du premier comité de suivi que nous avons eu ce matin, avec les représentants du monde de la construction, les représentants des grands bailleurs sociaux, et les financeurs du monde du logement social. Nous nous sommes dit notre volonté de réussir le plan de relance et la méthode pour y arriver », a ainsi déclaré le ministre de la Ville et du Logement, lors d’un point presse.
Des mesures concrètes pour agir rapidement
Il faut dire que l’enjeu est de taille alors que les mises en chantier ont reculé de22 % par rapport à la moyenne des 5 années précédentes entre décembre 2024 et novembre 2025 et que l’offre locative a chuté de 15 % en 5 ans.
Pour enrayer la crise du secteur du bâtiment et mettre fin à la crise du logement, le plan vise à lever les freins structurels qui ralentissent la production de logements et à accélérer les dynamiques de construction sur l’ensemble du territoire.
Dans cette optique, le Gouvernement mise sur des mesures concrètes, telles que la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme. Le plan prévoit ainsi de rapprocher les décisions du terrain en renforçant le rôle des élus locaux : le maire porte le projet et le préfet en assure la validation. Cette organisation doit permettre de réduire les délais administratifs, souvent identifiés comme un obstacle majeur à la réalisation de nouveaux programmes immobiliers.
Plutôt que de compter uniquement sur la construction neuve, le plan encourage également la transformation du parc existant. La conversion de bureaux vacants en logements sera accélérée afin de répondre rapidement aux besoins, notamment dans les zones tendues. Cette stratégie permettra d’optimiser le foncier disponible tout en limitant l’artificialisation des sols.
Autres mesures attendues, les démarches seront facilitées afin d’encourager la rénovation des logements les plus énergivores, notamment ceux classés F et G. En améliorant leur performance énergétique, ces biens pourront être remis plus rapidement sur le marché locatif, augmentant ainsi l’offre disponible tout en répondant aux enjeux climatiques. Dans ce cadre, la reprise de la proposition de loi portée par la sénatrice centriste Amel Gacquerre (Pas-de-Calais), pour remettre sur le marché certains logements dégradés, est ainsi envisagée.
Enfin, le plan vise à restaurer la confiance des propriétaires bailleurs. De nouveaux dispositifs seront déployés afin de mieux prévenir et gérer les impayés de loyers. En sécurisant l’investissement locatif, le Gouvernement souhaite encourager davantage de propriétaires à remettre ou maintenir leurs logements sur le marché.
400 000 logements par an
L’objectif est clair : atteindre un rythme de 400 000 logements construits par an. Pour y parvenir, le plan prévoit notamment la création de 50 000 logements locatifs privés, soutenue par le dispositif Jeanbrun entré en vigueur le 21 février dernier, qui s’ajouteront aux logements neufs dédiés à l’accession à la propriété. Du côté du logement social, le plan vise la construction de de 125 000 logements en 2026, dont 110 000 logements locatifs sociaux et en accession sociale.
« Dans un contexte de crise aiguë, nous saluons des mesures déjà en cours de déploiement, ainsi que l’approche volontaire et pragmatique du ministre de la Ville et du logement Vincent Jeanbrun », s’est réjoui Loïc Cantin, président de la FNAIM, dans un post LinkedIn. Et d’ajouter : « La dynamique est enclenchée, il faut désormais aller vite, simplifier et redonner confiance aux acteurs. »
A noter que des indicateurs de suivi seront prochainement rendus publics et consultables sur le site du gouvernement afin garantir la transparence et mesurer l’efficacité du plan : nombre d’autorisations de construction de logements, nombre de ventes de logements pour des investissements locatifs, nombre de logements sociaux financés.
Après avoir évolué pendant 10 ans au sein d'un groupe spécialisé dans les médias étudiants, l’orientation professionnelle et la gestion de carrière, en tant que rédactrice en chef adjointe, Stéphanie Marpinard a choisi de travailler à son compte et collabore depuis à différents médias. Ses domaines de prédilection sont entre autres l'immobilier, l'emploi et les ressources humaines.