Retoucher une photo, embellir un bien, réaliser du home staging virtuel… L’intelligence artificielle s’installe dans les annonces immobilières et soulève de nouvelles questions juridiques. Interpellé sur son utilisation par les particuliers, le Gouvernement estime que le cadre juridique existant permet déjà de sanctionner les abus. Il alerte également sur un autre risque : celui d’une sélection automatisée et discriminatoire des candidats à la location. Explications de Maître Caroline Dubuis-Talayrach.
Des règles qui s’appliquent déjà aux professionnels
Le député Édouard Bénard a interpellé le Gouvernement sur l’utilisation de l’intelligence artificielle par les particuliers dans les annonces immobilières.
Il rappelle que les professionnels sont déjà tenus de respecter un certain nombre d’obligations en matière d’annonces immobilières, notamment issues du code de déontologie et du code de la consommation. Bien que non spécifiques à l’IA, ces règles s’appliquent également à son utilisation : devoir de loyauté et interdiction des pratiques commerciales trompeuses, notamment.
Le député demande donc un encadrement de l’utilisation de l’IA dans les annonces de vente immobilières publiées par les particuliers, afin de les astreindre aux mêmes règles de transparence.
Le Gouvernement n’envisage pas de modifier la réglementation
Dans sa réponse du 14 juillet 2026, le Gouvernement indique qu’il n’envisage pas de modifier la réglementation sur ce point. Il rappelle qu’il appartient aux consommateurs d’être particulièrement vigilants et que ceux-ci disposent de recours judiciaires.
Mais sa réponse élargit également le débat à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la sélection des candidats à la location.
Sélection des locataires : attention au risque de discrimination
Le Gouvernement avertit que si des dérives sont constatées dans l’automatisation de la sélection des candidats à la location sur la base d’un ou plusieurs des 26 critères discriminatoires interdits par la loi — sexe, âge, situation de famille, etc. —, la DGCCRF les signalera au procureur de la République ainsi qu’au Défenseur des droits.
Rappelons qu’en matière de discrimination, le Défenseur des droits dispose de larges pouvoirs d’investigation, tant à l’égard des professionnels que des particuliers.
Caroline Dubuis Talayrach
Après plus de 20 ans d’exercice en Cabinet d’Avocats Conseils et comme Directrice Juridique et Méthode d’une enseigne nationale de franchise en agences immobilières, Maître Caroline Dubuis-Talayrach a ouvert son propre cabinet de :
- Mandataire en cessions d’agences immobilières, cabinets d’administration de biens et syndic
- Droit des affaires : Conseil et rédaction des actes en création et transmission d’entreprises, droit des contrats, droit de l’agent commercial, droit des sociétés, droit de la franchise, baux commerciaux
- Droit de l’agent immobilier : Conseil et rédaction des actes d’achat/vente de cabinets, formation professionnelle, exercice professionnel, honoraires, création de savoir-faire métiers
Sa philosophie : Conseiller – Négocier– Former– Défendre
Basé à Aix en Provence j'interviens sur toute la France.
Tel : 06 16 72 18 90 - cdubuistalayrach@cdtavocat.com