Les prix resteront stables en 2010

Lundi 11 janvier 2010, dans Conjoncture

Inter­view de Ber­nard de Cré­miers et Patrick Michel Khi­der, cofon­da­teurs du réseau Lafo­rêt Immobilier.

Quel bilan dressez-vous de l’année 2009 ?
Depuis le mois de mars, les soldes sont ter­mi­nés. Les biens qui étaient sur le mar­ché depuis plu­sieurs mois ont trouvé pre­neurs, les mises en vente se font attendre, les stocks sont ten­dus, la baisse des prix ralen­tit. Mais depuis sep­tembre, le balan­cier s’est inversé et les prix amorcent une douce remon­tée, entre 1 et 3 %. Au total, 2009 verra une baisse des prix géné­rale sur la France, de l’ordre de 4,4 %.

La remon­tée des prix est-elle durable ?
L’année 2010 ne connaî­tra pas une forte amé­lio­ra­tion de la situa­tion, les prix res­te­ront stables. Nous devons rela­ti­vi­ser l’effet finan­cier de cette remon­tée. Si les écarts se creusent entre les bons pro­duits et les autres, le prix moyen d’une acqui­si­tion est toujours de l’ordre de 200 000 euros.

Com­ment analysez-vous la conjonc­ture ?
Le mar­ché immo­bi­lier ne devrait pas connaître un retour à la nor­male avant 2011 ou 2012. L’attrait pour l’immobilier reste intact, mais la véri­table relance se fera en dou­ceur, avec un cycle lent. Pour la plu­part des géné­ra­tions, construire le futur passe par la déten­tion de son propre toit, mais s’endetter sur vingt ou vingt-cinq ans sup­pose une capa­cité de confiance en l’avenir. Les incer­ti­tudes de la relance écono­mique sont trop omni­pré­sentes pour que l’accélération des tran­sac­tions se pro­duise immé­dia­te­ment. Les mesures fis­cales et la loi Scel­lier sont des arti­fices. Comme la prime à la casse pour l’automobile, elles comblent des moments de baisse d’un marché.

Quel est l’impact de la crise sur votre acti­vité ?
Les mar­chés ont for­te­ment baissé en volume entre sep­tembre 2008 et mars 2009, jusqu’à – 35 %. Nos agences ont pris des mesures très sérieuses de réduc­tion de coûts afin de mieux tra­ver­ser la tem­pête. Le turn-over de com­mer­ciaux est impor­tant, et la plu­part des projets de déve­lop­pe­ment ont été annu­lés ou repous­sés. Nous avons tous été ame­nés à retra­vailler sur les fon­da­men­taux de nos métiers ; nos agences ont déve­loppé des acti­vi­tés plus récur­rentes, telles que la loca­tion ou la gérance locative.

Com­ment la pro­fes­sion doit-elle s’adapter à la nou­velle donne ?
Les consom­ma­teurs ont déve­loppé un esprit de « bonnes affaires ». Cette recherche sys­té­ma­tique de l’économie remet en cause, dans beau­coup de cas, le mon­tant des hono­raires des agences. La pro­fes­sion doit pous­ser à une évolu­tion de la loi Hoguet qui per­met­trait à l’agent immo­bi­lier de fac­tu­rer des pres­ta­tions de ser­vices en fonc­tion de son inter­ven­tion. Grâce à cette approche, il serait plus effi­cace et pour­rait ainsi répondre de manière beau­coup plus adap­tée aux attentes des dif­fé­rents consommateurs.

Pro­pos recueillis par Ariane Artinian

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